Coucou, c'est moi.

Mes derniers articles ne faisaient que donner un petit signe de vie. Celui-ci n'est pas différent.
En fait, j'ai un autre blog ou je ne parle pas toujours de la maladie, mais ou je parle de ma vie et ça m'aide beaucoup plus.
Écrire ici m'a été très bénéfique pendant un moment, mais je tiens maintenant à me distancier le plus possible de tout ce qui touche l'anorexique en moi, pour enfin découvrir ma vraie personne.
Je ne donne pas l'adresse de mon autre blog ici, parce que je l'avoue, j'ai peur que certaines personnes que je connais tombent dessus. C'est mon petit côté paranoiaque ^^.
Si vous la voulez, laissez moi votre email et je vous la donnerai.
Je continuerai certainement à venir écrire ici lorsque j'en ressentirai le besoin. Pour le moment, ce n'est pas le cas, je ressent plutôt le besoin de me trouver moi et de m'accepter.
Merci de votre soutien inconditionnel pendant cette dernière année, vous avez réussi à m'aider plus souvent que vous pouvez ne l'imaginer. Merci.

# Posté le lundi 11 juin 2007 10:37

Je vois la lumière au bout du tunnel...j'y touche, j'y touche.

Je vois la lumière au bout du tunnel...j'y touche, j'y touche.
Je suis là.
Je ne sais pas du tout comment j'ai bien pu mériter toute cette attention, tout ce support, tout ces beaux messages d'encouragement...Merci, je vous en suis extrêmement reconnaissante.

Je n'ai pas écrit ici depuis de nombreuses semaines. Pas parce que je n'en avais pas envie, mais tout simplement pas le temps et que je n'en ressentais pas le besoin.

Je termine ma session le 25 mai et je ne travaillerai qu'à temps partiel cet été, mais je ne crois pas venir écrire ici plus souvent pour autant. Ce blog m'a beaucoup aidé, premièrement à m'exprimer et à sortir les émotions refoulées à l'intéreur, et deuxièmement par vos commentaires d'encouragement et de soutien... Mais voilà, le temps est venu pour moi de voler de mes propres ailes.

J'aurai 18 ans demain et je ne peux cacher ma peur face à cette entrée dans le monde adulte que j'ai tenté en vain de freiner. Par contre, je suis décidé à l'affronter.
Je suis décidée à devenir automne et indépendante de mes parents.
Je suis décidée à vivre ma vie et ne plus la regarder passer.
Je suis décidée à tenir les ficelles de ma propre existence.
Et je le fais.

La semaine dernière, j'en avais marre de mon boulot. Je m'y sentais exploitée, je n'aimais pas l'ambiance. je ne pouvais même pas prendre une seule seconde de pause. Manger chez moi à minuit, c'était pas l'idéal surtout dans ma situation.
J'ai pris mon courage à deux mains et je suis allée porter un CV. On m'a appelé, puis après deux entrevues de sélection, ça y est j'ai obtenu l'emploi. Sous le coup, j'ai été incapable d'accueillir la nouvelle avec fierté, rejetant systématiquement tout le positif de ma vie... Mais je peux le dire et je n'ai pas à en avoir honte : je suis fière de moi.

Je m'isole aussi beaucoup moins, je reparle à des amis de longue date que j'évitais depuis bien longtemps, je ris...Je ris! Moi qui ne riais plus du tout depuis tant d'années.
La semaine prochaine je sortirai avec des amis dans un night club pour fêter mes 18 ans...comme une jeune fille normale. Je repasse mon permis de conduire bientôt, et je suis décidée à l'obtenir.
Côté alimentation, je sais que je suis toujours malade, mais je l'accepte et le respecte, tout en faisant énormément de progrès. Oui, j'ai toujours un certain schéma, un menu que je suis, mais je choisis les aliments qui le composent bien plus selon mes goûts à moi maintenant. Pas ceux que la maladie me dicte, pas ceux contraires à la maladie, les miens. C'est mon anniversaire demain, et bien sûr il y a de la famille qui viendra chez moi pour le dessert...moi qui sortait à chaque fois qu'ils venaient chez moi à cause de l'angoisse et du malaise que j'éprouve, j'ai accepté qu'ils viennent... Le gâteau, évidemment, je sais que je ne suis pas prête et je me respecte. Je n'ai pas à forcer les choses : lorsque je pourrai manger du dessert sans honte, sans culpabilité, sans sentiment de souillure, et en profiter, je le ferai. Je ne peux pas pour le moment.

J'envisage honnêtement cet été comme un été de changement, un tournant décisif dans ma vie.

Je vous remercie d'être là et de me supporter, ça me touche beaucoup.

# Posté le samedi 19 mai 2007 07:42

Signe de sur-vie.

Signe de sur-vie.
Juste quelques lignes pour donner signe de vie.
Merci pour tous vos commentaires qui m'ont sincèrement énormément touché.
Merci d'être là, de m'encourager, de me féliciter, de me comprendre et me soutenir...
J'ai voulu venir écrire plusieurs fois, sans toutefois jamais trouver les mots, trouver le temps...
Trouver le courage ou l'envie, aussi, de me pencher sur mes émotions, de faire face à la réalité qui me fait mal, trop mal.
Je suis peut-être trop lâche aussi.

Ces dernières semaines, j'ai connu de grands moments de joie et d'espoir, qui se sont vu subitement remplacés par de plus longs moments de souffrance et de découragement.
Ils s'alternent et se font la guerre sans prévenir...
Il me semble qu'à chaque fois que je me sens vivre, enfin, l'instant qui suit, je me sens mourir plus que jamais.
Je fais d'immenses efforts, d'énormes défis, je mets la totalité de mon énergie dans ce combat contre moi-même, et à la fin, ça ne sert absolument à rien.
Dans mon dernier article, je soutenais qu'il fallait se battre pour soi et non contre la maladie. Je persiste à penser de la sorte, mais je suis malheureusement incapable de le faire pour le moment.
Tout simplement parce que je ne me respecte pas, et je me déteste à un point inimaginable.
Je suis inapte à prendre soin de moi, à devenir ma propre meilleure amie comme il le faudrait, parce que je ressens une haine trop profonde envers moi-même.
Pourquoi ?
Et comment faire pour apprendre à voir aussi mes bons côtés, mes points forts, à voir que je suis humaine, que je n'ai aucune raison de me sentir en constante culpabilité ?
En ce moment, je me sens entièrement contrôlée par la maladie, je me sens totalement impuissante.
Je me sens nulle, tellement nulle.
J'aimerais pouvoir sortir avec mes amis et m'amuser, ne pas prévoir chaque seconde de ma journée, retrouver une passion pour les arts et la mode, avoir un amoureux aussi... Mais tout ce que j'aime, je le rejète parce que je sens que je ne le mérite pas, que je ne suis pas à la hauteur. Je repousse les 'je t'aime' d'un air de dédain, je me tiens loin des revues de mode et de mes projets d'arts, je suis froide et distante avec mes proches ou les gars qui semblent avoir un intérêt envers moi.
Je me refuse tout et je reste seule, si seule.
Je ne me sens pas aimée et c'est bien ma faute.
Je suis munie d'un bouclier anti-je-t'aime, j'anéanti et pulvérise la moindre parcelle d'affection qu'on me donne. Et il ne me reste plus rien.
Le vide, le néant, dont je suis si effrayée.

Je n'en peux plus, je suis au bout de mes forces.
On va me transférer en milieu adulte dans un hôpital psychiatrique sous peu.
Eh oui, en milieu adulte.
18 ans dans moins d'un mois. 18 années d'envolées qui ne reviendront jamais, 18 années de gâchées... Je viens souvent à me demander si ça vaut réellement la peine de continuer, si ça sert à quelque chose. Parfois, je veux tellement mourir que ça me fait peur.

Sinon, je me suis enfin décidée à parler à mon médecin à propos de mes obsessions, de mes rituels et de mes manies. Je n'en avais jamais placé mot à qui que ce soit... Il semble que ce n'est pas normal, je devrais en parler à ma psy et peut-être être évaluée par un psychiatre à son avis.
Ça ne finira donc jamais ?

# Posté le samedi 28 avril 2007 10:12

J'abandonne mon combat contre l'anorexie.

J'abandonne mon combat contre l'anorexie.
Avec le temps j'ai compris qu'il était inutile de se battre contre la maladie.
Quoi, quoi, mais que dis-je ?
Vous aviez bien lu, je suis convaincue qu'il est inutile de se battre contre la maladie.
Pour la simple et bonne raison, qu'il faille se battre pour soi.

Effectivement, plus le temps passe, plus je me rends compte que ce qui me sauvera, c'est de faire des choix selon moi, d'apprendre à reconnaître et suivre mes envies. Certainement pas de tout simplement faire le contraire de ce que la maladie me dicterait de faire ; je ne suis pas plus avancée en ce qui concerne la découverte de moi-même.

Petite, mes choix ont toujours été orienté vers le bien des autres, et non le mien. Je n'ai jamais su choisir selon mes goûts, puisque je n'ai pas appris à en développer. En choississant toujours comme ma mère, je me suis oubliée. La maladie a peut-être été là, d'un côté, pour me faciliter la tâche de faire des choix : maintenant je suivais la dictature de ma partie anorexique.
Si, maintenant, je me battais contre l'anorexie, je ne serais pas plus avancée. Je ne ferais que faire exactement le contraire et probablement que ça ne suiverait pas mes envies à moi non plus.
Si assise devant un menu, j'ai le choix entre une salade ou un plat de boeuf bourguignon, pourquoi prendre ce dernier qui irait contre ce que la maladie me dicterait, si je sais pertinemment que j'ai horreur de la viande rouge ?
Et pourquoi accepter une invitation si, j'y pense, je n'ai aucune envie d'y aller ?Encore là, je m'oublie.

Dès maintenant, dans tous les aspects de ma vie, j'ai décidé que j'allais me battre pour moi, apprendre à savoir ce que j'aime ou pas, ce que je veux ou pas.
J'ai fini de me battre contre la maladie.
Je me bats pour moi.

# Posté le dimanche 08 avril 2007 12:09

Terrain inconnu.

J'ai fait un pas de géant, hier...un pas en terrain inconnu, définitivement hors de ma zone de confort.
Hier midi, je suis allée au resto avec ma mère.
Depuis ma sortie d'hospitalisation, j'étais allée plusieurs fois, c'est vrai... Mais je prenais toujours entrée de salade, sans rien évidemment (=laitue). Donc, je faisais des choix selon ce que la maladie me dictait.

Cette semaine, j'avais décidé que pendant le congé de Pâques, j'allais aller au resto et tenter de choisir quelque chose qui me faisait envie, et passer un bon moment avec ma mère, sans angoisse. J'idéalisais peut-être trop ce moment, mais l'important c'est que j'ai réussi.
Après une crise de larmes épouvantable, une montée d'angoisse qui s'est vite transformée en crise de panique, j'ai pris mon courage à deux mains, j'ai respiré et j'ai mis un pied hors de ma zone de confort.
Ça a été plutôt difficile, plus que je ne l'avais imaginé, certainement.
Je voulais tellement passer un bon moment avec ma mère, rire et discuter, j'avais une vision si parfaite dans ma tête, sans aucune angoisse...

Assise devant le menu, ça m'a bien pris 45 minutes avant de choisir. Inutile de dire combien la serveuse s'impatientait. J'étais tiraillée entre la partie de moi qui me dictait de prendre qu'une assiette de fruits, et l'autre qui cherchait désespérement ce qu'elle aimerait manger. Je me suis vite rendue compte que même sans la maladie, moi, je n'aurais pas su quoi prendre. Au resto, j'ai toujours pris ce que ma mère prenait... Un peu comme dans tous les aspects de ma vie, finalement.

J'ai fini par commander le 'Délice de Vimont' : bol de fruits frais, yogourt nature, granola, accompagné d'un muffin anglais, beurre et miel.
Ça me semblait bien.
J'ai hésite puisqu'ils ne servaient pas de muffin anglais au blé, qu'il y avait granola, beurre et miel, mais ma mère m'a regardé et m'a dit que je n'avais qu'à demander de le servir 'à côté', puis de manger ce que je pouvais, que ce n'était pas grave. Ça m'a enlevé beaucoup de pression...
L'assiette arrivée, j'ai aperçu le bol de fruits frais mélangé au yogourt et au granola. Panique. Experte en triage, j'ai mangé les fruits et le yogourt, sans le granola, même s'ils étaient pré-mélangés et que j'ai du mal avec ça. Je me sentais incapable...

Peut importe : j'ai réussi.
J'ai choisi quelque chose, moi-même, je ne l'ai pas préparé, je n'ai pas su les quantités ni les ingrédients utilisés, encore moins les calories, j'ai pris un muffin anglais 'blanc', et tout ça en public.
Ça peut paraître affreusement banal, je m'en rends bien compte.
Mais pour moi, pour moi, ça a été un énooorme pas en avant.
J'en ai pleuré tout l'après-midi tellement ça avait été angoissant.
J'imagine que de relâcher le contrôle et les restrictions après autant de temps, de sortir de ma zone de confort, sont là des raisons à ce déluge de larmes.
Ce matin, encore, je me sens sale et souillée, mais ça passera.
L'important, c'est d'avoir enfin réussi.

# Posté le samedi 07 avril 2007 09:10